Laurène

Laurène

samedi 16 janvier 2021

15 janvier 2021 : cinquième anniversaire

La mer était calme pourtant, le soleil se levait à nouveau vers de plus vastes horizons.
Il y avait un cap à passer, celui du 5eme anniversaire.

J’ai pensé pouvoir le passer en solitaire,
entièrement à l’écoute de cette mer intérieure qui peut-être me livrerait quelques secrets.

Mais ça ne s’est pas passé comme ça.

En ce matin du 15 janvier, la mer s’est retirée, me laissant dans le vide.
Et le tsunami est arrivé, d’abord cette étrange douleur, cette douleur comme métaphysique,
dont je ne sais toujours pas de quoi elle est faite,
stupeur, sentiment d’absurdité, décalage avec le monde ?
Sentiment de ne plus savoir comment y vivre ?

Puis dans cet équilibre instable, le chagrin a déferlé comme aux premiers temps.

Je le connais, ce compagnon fidèle. Je ne le crains pas.
Je sais que s’il m’engloutit, il lâchera sa prise et me laissera, échouée sur une plage
totalement épuisée mais remplie de quelque chose qui ressemblerait à de la joie,
brisée mais ouverte à d’autres possibles.

Mais tout de même, quelle puissance !

Je me demandais ce que j’avais pu faire de ces 5 ans
et tout-à-coup, je comprends, j’avais seulement oublié, pour un temps.
J’ai juste essayé de tenir debout, malgré les coups et les déchirures du chagrin,
de me relever et d’avancer encore un peu,
le temps que le temps fasse son travail
qu’il referme un peu la blessure.

Jamais auparavant, je n’aurais cru ni pu imaginer à quel point cette blessure est terriblement grave,
c’est une blessure béante qui crie en silence, qui ouvre le corps et le coeur en deux.
Une blessure qui ne se voit pas.

Aujourd’hui, c’est l’attention, l’amitié, la solidarité qui m’ont retenue
avant d’être complètement engloutie.
J’en ressors forte de l’amitié, des espérances futures, de l’expérience partagée.
C’était un 15 janvier, le cinquième.


2 commentaires:

  1. Les mots me manquent Marie-Line devant tant de souffrance et tant de résilience, et tant d'amour... Ce que tu as fait, entre autres, c'est la création de la Fondation, exactement à l'image de Laurène dans sa sensibilité, ses choix, ses rêves. Laurène respire et transpire au travers de chaque projet. Je m'y suis replongée toute la matinée. Ma façon d'être avec vous et de t'accompagner. Merci de partager tes émotions avec nous. Je t'embrasse de toute ma discrète amitié. Isabelle

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    1. Isabelle, ta "discrète" amitié compte tant pour moi, merci d'être ce que tu es, de tout coeur avec toi

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