La mer était calme
pourtant, le soleil se levait à nouveau vers de plus vastes
horizons.
Il y avait un cap à passer, celui du 5eme
anniversaire.
J’ai pensé
pouvoir le passer en solitaire,
entièrement à
l’écoute de cette mer intérieure qui peut-être me livrerait
quelques secrets.
Mais ça ne s’est pas passé comme ça.
En ce matin du 15
janvier, la mer s’est retirée, me laissant dans le vide.
Et
le tsunami est arrivé, d’abord cette étrange douleur, cette
douleur comme métaphysique,
dont je ne sais
toujours pas de quoi elle est faite,
stupeur, sentiment
d’absurdité, décalage avec le monde ?
Sentiment de ne plus
savoir comment y vivre ?
Puis dans cet équilibre instable, le chagrin a déferlé comme aux premiers temps.
Je le connais, ce
compagnon fidèle. Je ne le crains pas.
Je sais que s’il
m’engloutit, il lâchera sa prise et me laissera, échouée sur une
plage
totalement épuisée
mais remplie de quelque chose qui ressemblerait à de la joie,
brisée mais ouverte
à d’autres possibles.
Mais tout de même, quelle puissance !
Je me demandais ce
que j’avais pu faire de ces 5 ans
et tout-à-coup, je
comprends, j’avais seulement oublié, pour un temps.
J’ai juste essayé
de tenir debout, malgré les coups et les déchirures du chagrin,
de me relever et
d’avancer encore un peu,
le temps que le
temps fasse son travail
qu’il referme un
peu la blessure.
Jamais auparavant,
je n’aurais cru ni pu imaginer à quel point cette blessure est
terriblement grave,
c’est une blessure
béante qui crie en silence, qui ouvre le corps et le coeur en deux.
Une blessure qui ne
se voit pas.
Aujourd’hui, c’est
l’attention, l’amitié, la solidarité qui m’ont retenue
avant d’être
complètement engloutie.
J’en ressors forte
de l’amitié, des espérances futures, de l’expérience partagée.
C’était un 15
janvier, le cinquième.
Les mots me manquent Marie-Line devant tant de souffrance et tant de résilience, et tant d'amour... Ce que tu as fait, entre autres, c'est la création de la Fondation, exactement à l'image de Laurène dans sa sensibilité, ses choix, ses rêves. Laurène respire et transpire au travers de chaque projet. Je m'y suis replongée toute la matinée. Ma façon d'être avec vous et de t'accompagner. Merci de partager tes émotions avec nous. Je t'embrasse de toute ma discrète amitié. Isabelle
RépondreSupprimerIsabelle, ta "discrète" amitié compte tant pour moi, merci d'être ce que tu es, de tout coeur avec toi
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