Merci pour cette rencontre, merci pour cet échange. Merci pour cette dose régulière de "bonjour mes frères et mes soeurs", qui fait partie de la prescription de l'hôpital du Seigneur, le remède préféré de Laurène. Dans son programme du jour, elle en mettait toujours un petit peu, il lui suffisait de sortir un peu, de croiser des gens, d'échanger quelques mots et un sourire. Je suis moins douée qu'elle pour ça mais "curieusement" ces derniers temps, ça se fait tout seul : il y a les gens que je connais et qui m'entourent, ceux que je ne connais qu'un peu et que je découvre différemment, et ceux que je ne connais pas, comme cette dame croisée dans une réunion de la miséricorde à l'autre bout de Paris, qui habite à côté de chez moi et qui est en deuil de son mari. Je suis dans une grande solitude très peuplée !
Laurène
dimanche 20 mars 2016
Un pied dans l'éternité
Aujourd'hui, une personne que je connaissais juste un peu de vue m'a abordée pour me dire qu'elle avait perdu elle aussi un fils il y a 20 ans et qu'elle pensait bien à nous. Elle m'a dit "maintenant on a un pied dans l'éternité". C'est exactement ça ! A un collègue qui m'a demandé comment j'allais (je ne sais jamais quoi répondre à cette question), j'avais répondu que j'avais un pied dans la tombe, ce qui bien sûr a jeté un froid...Moi, je voulais dire que je n'avais qu'un pied dans la tombe et que l'autre était sur terre, ce que je trouvais déjà pas mal. Et le mot éternité aurait en fait mieux convenu à ce que je voulais dire. Parce que désormais je sais jusqu'au plus profond de moi qu'il y a un ailleurs et que je rejoindrai cet ailleurs un jour. Je sais que ce jour peut arriver à tout moment, dans 1 jour, 1 an, 20 ans. Je sais qu'ici rien ne dure, tout passera, disparaîtra, changera, même ce qui nous paraît devoir durer toujours, ce n'est ni bien ni mal, c'est comme ça. Je sais que la vie matérielle nous impose sa loi, qu'il faut faire les compromis nécessaires mais pas plus. Je sais que dans cette vie, on est souvent dans les ténèbres, la tristesse, le chagrin, les inquiétudes, les soucis, la colère mais que parfois aussi il y a des moments de lumière et d'amour oú on est tout-à-coup capable d'apprécier la beauté de l'instant et qui sont comme un aperçu de la suite. Je sais que chaque jour qui passe nous rapproche de cet ailleurs et que la plus grande affaire de la vie, c'est de s'y préparer le mieux possible. Il n'y a que ça qui compte vraiment. Bien sûr, ce ne sont que des évidences, je savais tout ça avant. Mais maintenant, c'est moins abstrait et un peu plus réel...
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