Toujours le même cérémonial, pas d'objet métallique, les bouchons d'oreille à cause du bruit, et l'examen commence. Laurène est dans la machine, je suis dans la pièce sur un petit siège. Avant, Laurène, pendant cette petite quinzaine de minutes, faisait une prière, exceptionnellement elle priait pour elle et pas pour les autres, puis souvent faisait une petite sieste. Moi, je faisais une prière aussi avec plus ou moins d'angoisse ou de confiance, selon le moment où on en était de la maladie.
Parfois, il y avait beaucoup d'angoisse comme en janvier de cette année parce qu'elle n'était pas bien, comme le 17 septembre 2009 pour le premier IRM après la chimio qui a suivi la première rechute ou comme celui de novembre 2012, pour savoir si la radiothérapie avait pu faire disparaître toute la maladie : pour ces 3 fois, les résultats avaient été positifs. Parfois, il y avait moins d'angoisse, comme en juillet 2014. Le temps avait passé depuis la fin des traitements en 2012, Laurène allait bien, le choc a été d'autant plus rude. C'était à Rotschild, donc j'ai pu avoir le compte-rendu 1 heure après. Comme chaque fois, je me suis assise dans le hall, j'ai ouvert lentement l'enveloppe, respiré un grand coup avant de lire le compte-rendu, puis j'ai lu...Les IRM suivants on les a passés à l'IGR. Là c'est la cancérologue qui nous donne les résultats, en avril 2015, j'ai vu son visage fermé quand elle est venue nous chercher dans la salle d'attente et je me suis dit "on y est", 4ème rechute.
Cette fois, Laurène je ne sais pas à quoi tu vas penser pendant l'examen, je ne sais pas si tu feras une petite prière, je ne sais pas non plus si cet IRM t'inquiète, je ne le pense pas, pour toi c'est de la routine. Tu as toujours été très sereine, en tout cas en apparence, et tu as toujurs encaissé les mauvaises nouvelles avec beaucoup de calme et de résignation. Quand je te disais qu'il allait falloir retourner à l'hôpital et reprendre les traitements et que je te demandais si tu étais d'accord, tu disais "il faut bien". Quand tu étais petite, en 2004, tu avais fait de la radiothérapie et la manipulatrice était venue me demander comment on faisait pour que tu sois aussi coopérative. Je t'avais posé la question et tu m'avais dit "parce que je veux guérir". Il n'y a qu'en octobre 2014 que tu n'avais pas voulu aller voir ta cancérologue, tu avais ostensiblement séché une consulattion en restant dans le hall. Mais c'est parce que tu savais qu'à cette époque-là, elle n'avait plus rien à te proposer.
Cette fois l'enjeu est de savoir si la maladie a été stabilisée. La semaine dernière, je me suis fait une petite angoisse, une angoisse de grade 2, celle qui empêche juste de dormir et de manger, à ne pas confondre avec l'angoisse de grade 3 comme celle d'il y a un mois, qui n'est pas supportable si elle n'est pas partagée. Le fait que Laurène dorme la nuit me semblait le signe que la fatigue augmentait, ajouté au fait que la vision semblait encore se dégrader. Mais pour Lidia et Claudine, c'était juste une bonne nouvelle qu'elle ait retrouvé un sommeil de meilleure qualité, et de l'avis général, Laurène était mieux qu'il y a quelques semaines. On verra dans pas longtemps.
PS : Canonisation ajourd'hui de Louis et Zélie Martin. J'ai appris d'eux (au sens de "j'ai mis en pratique") qu'il ne faut pas craindre la fatigue (le moins qu'on puisse dire c'est qu'ils ne se sont pas économisés). Il faut l'accepter comme le reste, ne pas la craindre, ne pas anticiper la fatigue à venir, juste laisser venir ce qui vient.
PS2 : Merci à Marie-Anne pour notre échange de vendredi, oui, c'est important le partage, merci aussi à Christine pour la conversation d'aujourd'hui. Ce blog, ainsi que les messages reçus, est un moyen de partager ce qui ne pourrait pas l'être s'il n'existait pas. Alors, sentez-vous libre de le partager à votre tour avec qui vous voulez...
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